François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, était l'invité de l'émission Les 4 Vérités, mercredi 16 février sur France 2.
"Il est urgent que soit rétablie en France une vie publique saine", a-t-il jugé. Les Français "n'en peuvent plus des mélanges perpétuels entre affaires
privées et vie politique, ils n'en peuvent plus que l'argent soit mélangé aux décisions publiques, ils n'en peuvent plus de cet univers dans lequel on
ne sait plus exactement quelles sont les règles", a-t-il poursuivi.
Interrogé sur une éventuelle démission de Michèle Alliot-Marie, le député des Pyrénées-Atlantiques a estimé que cela relevait de "la responsabilité du président
de la République". "Je ne participe pas aux querelles de personnes", a-t-il affirmé. Mais, a ajouté François Bayrou, s'il était chef de l'État, "il y a
longtemps" qu'il n'aurait "pas accepté un certain nombre de pratiques".
"Nous avons un devoir et une urgence, c'est de rétablir en France une vie publique saine", a fait valoir le probable candidat à la présidentielle de 2012.
"Il y a eu un nombre de manquements comme je crois aucune République n'en a rencontrés", a-t-il dit, prenant l'exemple de l'affaire Bernard Tapie, la Cour
des comptes ayant cette semaine estimé que "l'Etat n'a pas respecté la loi". "Est-ce qu'on peut vivre dans un pays où ni les principes ni les règles de
droit ne sont respectés par ceux-là même qui ont la responsabilité des institutions?", a-t-il demandé.
Favorable à une réforme de l'ISF mais au maintien comme un geste de solidarité
Le président du MoDem, s'est dit mercredi "favorable à une réforme" de l'impôt sur la fortune (ISF) tout en souhaitant son "maintien comme un geste de
solidarité" des "plus favorisés" envers "les plus pauvres". Nicolas Sarkozy s'est dit partisan de la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune
(ISF), comme l'ont fait "les socialistes allemands et espagnols", mardi lors d'un déplacement à Montmirail (Marne) sur le thème de la réindustrialisation
des territoires.
"Dans un pays comme le nôtre, donner l'impression que la priorité des pouvoirs publics est à s'occuper des plus favorisés, c'est, me semble-t-il, troubler
infiniment la manière dont on conduit le pays", a estimé François Bayrou sur France 2.
"On a besoin d'un pays juste dans lequel les responsables font en sorte que chacun prend sa part des efforts. Bien entendu, les plus favorisés prennent
un peu plus de part que les plus pauvres, ça me paraît la justice élémentaire", a-t-il ajouté. "C'est pourquoi je suis favorable à une réforme de l'ISF
mais à son maintien comme un geste de solidarité", a-t-il conclu.